14 mai 2008
Cure de sommeil
Retour au post. Je repique au truc, graphomane intermittent, au sortir d'une balade post-labeur trop moite et trop sucrée, la tête pleine de ces petits riens qui, accumulés, font les grandes prises d'icelle.
[T'attends pas trop à du cohérent, sur celui-là. Je lâche la bride à mes papattes sur mon clavier sale, on verra bien où ça nous mènera]
Trop écouté Noir Désir, récemment. Je reviens à la bonne vieille randomisation géante des familles. Et Shivaree sussurre goodnight, moon. Sirupeux, encore. Zappons plutôt vers un vieux Darkshines de Muse, parce qu'on est pas métrosexuel par hasard.
Et je m'aperçois que je t'ai pas conté mes vacances, ce qui est tout de même malheureux. Et me donne l'occasion d'un sujet sur lequel dégoiser un brin.
Mes vacances, donc.
Acte 1 : le Sudeu-congue. Trois jours de repos. Total. Violent. Mais bio, attention : chez ma maman, c'est kinoa, bouddhisme et produits du jardin. Et siestes. Siestes, siestes, et encore siestes. Au soleil, sur l'herbe, dans une chaise longue, sur un canapé ou un lit, j'ai ronqué comme un ouf malade, pas moyen de m'arrêter.
Toutes les deux heures, un monumental coup de bambou derrière la nuque, paupières qui s'affaissent toutes seules, jambes coupées. A m'écrouler vers le premier truc horizontal qui se pointait là, les bras en croix, pour aller rouler des pelles à Morphée.
Rien foutu, donc. Ou si peu. J'ai bien cuisiné quelques tajines (bio), installé MSN à ma petite soeur [qui a 12 ans et un skyblog. Elle a fait deux posts. Elle a 30 commentaires pour chaque. Je suis mort de rire], joué avec le chien, le chat, les ânes et les autres pensionnaires de la baraque et même soulevé trois caillous et donné deux coups de pioche, histoire de m'occuper entre deux roupillons. C'était bon. Pour meubler les siestes, je me suis relu deux Bête et Méchant et Les yeux plus gros que le ventre de Cavanna, l'idole de mes 12 ans [lis, tu comprendras].
Et puis j'ai commencé à me faire un peu chier, tout de même.
Acte 2 : Lyon. Après la maman, le papa. Et surtout les vieux potes de promo. Après le bio et l'eau claire, une soirée mojitos en forme de baffe dans ta gueule. Le rhum, c'est le mal.
Evidemment, on a disserté des malheurs de la Profession à en dégoûter n'importe quel non-membre de la confrérie des Tintins. Ca tombait bien, y avait que ça.
Le lendemain, j'ai enchaîné sur une expo de Keith Haring. Si je faisais mon snob, je disserterais de cette période particulière du New-York début 80, entre new-wave et rap, SIDA et Live Aid, Warhol et Basquiat, pop art et street art. Comme je suis pas snob, ou du moins pas à ce point, je vais me contenter d'étaler mon peu de science de la chose et enchaîner discrètement avant que tu t'en aperçoive.
Après ça, donc, j'ai rejoint mes petits camarades pour un second service à base de bouchon lyonnais. Ce qui me pose généralement un problème, puisque je peux pas blairer la gastronomie lyonnaise. Faire frire des tripes de cochon panées, je trouve pas ça naturel. Bref, on s'en est sorti avec un boudin aux pommes qui a continué son existence dans mon estomac durant deux jours, mais c'est ça aussi, l'aventure du voyage.
Et puis le lendemain, retour sur Paris. Qui avait entretemps décidé de quitter l'ère glaciaire pour passer sans transition à un vieux 25°C à l'ombre de bon aloi.
Inutile de te dire que tout cela m'avait, commme on dit, puissemment ressourcé.
Comme j'étais un peu the new man in town, j'ai collé mon vieux matos d'escalade qui traînait chez mon père dans le panier avant d'un Vélib' et moi et mon sac à dos, on a pédalé jusque là haut dans notre XIXe, en remontant un canal Saint-Martin plus bondé que les plages de Côte d'Azur fin juillet.
Et, arrivé chez moi, je me suis dit : "en route pour de nouvelles aventures".
Ce fut le cas.
13 mai 2008
Transport amoureux numéro 12
Pas passionnant, celui-ci. Elle avait un nom ridicule : Jeanne-Marie. Ou du moins j'étais trop jeune pour en comprendre le double sens.
Une histoire de slows, encore, une fin de camp d'escalade dans le Vercors, en seconde. Deux-trois jours, ça avait duré. A tout casser. Avant qu'on reparte dans nos pénates respectives, moi le sud, elle l'ouest, je crois, je ne sais plus bien.
Après, on s'était écrit. Enfin, le temps de deux ou trois petits aller-retours de courriers. Je découvrais les amours épistolaires, domaine où je m'en sortais nettement mieux qu'en vrai, déjà.
Ca avait duré un mois. Et puis elle m'avait envoyé une carte postale d'Irlande. Pour me dire qu'elle s'était trouvé un copain.
J'avais fait un peu semblant d'être triste pour renforcer ma cote auprès de ma grande copine de classe Axelle, une fille magnifique qui faisait au moins 10 cm de plus que moi, mais j'y croyais pas vraiment.
Transport amoureux numéro 11
Elle s'appelait Sandrine. C'était une fille de la DDASS, ou pas loin. Famille tellement décomposée que ça en devenait ridicule, plus d'autres trucs encore plus louches dont elle voulait pas parler.
En fin de troisième, j'étais un rebelle. Je fumais des clopes, je buvais des bières, j'avais même été viré du bahut. Genre.
Et je traînais avec la faune, les semi-marginaux du collège, qui venaient d'un truc appelé "Maison d'enfants", un home à gamins placés, je pense. Bref, dans tout ça, y avait Séverine. Qui devait avoir dans les 16 ans et une bonne dizaine de mecs à son actif.
Jeans moulants, perfectos, corps de rêve. Et j'étais son super pote.
Je l'ai même emmené faire du canoë, une fois. Balade de deux jours sur la rivière. En tout bien tout honneur, avec mon papa. Le soir, on s'était un peu éloignés pour dormir en plein air. Et fumer en cachette, en se racontant nos vies. Romantique, isn't it ? Cherche pas. Il s'est rien passé. Sinon que sa silhouette en maillot, quand elle pagayait devant moi, est restée longtemps gravée dans ma petite tête.
12 mai 2008
Spring Break
Hey ! I'm back.
[En fait, ça fait quatre jours, mais bon]
Je t'ai manqué ? En même temps, c'était pour ton bien : depuis une semaine, t'étais mieux dehors que collé devant un écran à t'abîmer les yeux.
Me revoilà dans la place, quelques kilos en moins et quelques gramme de mélanine en plus, vive le Sud. Vive le printemps, aussi. C'est tellement bien, Paris par beau temps, que j'avais oublié. Faut dire que c'est pas comme si c'était tous les jours.
A Paris, au printemps, tu redécouvre que cette ville est peuplée. Très. Trop. Trouver une place en terrasse est aussi difficile qu'un F2 à moins de 700 euros par mois, et les Buttes-Chaumont ressemblent au Grau du Roi un quinze août.
Les même serviettes alignées, trois tous les deux mètres, les mêmes mètres carrés de peaux blafardes exposées, la même odeur de crème solaire, qui vient, couleur locale, flirter avec celle du gazon en pleine période de rut, les mêmes mamans attentives à la protection des fragiles complexions de leurs progénitures, les mêmes progénitures qui jouent et courent et braillent au soleil.
Et, planant au-dessus de tout ça, la même sensation adolescente de temps de plaisir volé au travail, au hasard d'un jour redevenu férié [merci qui, mâme Chabot, je vous le demande ? Merci, président].
Plus, pour ton serviteur, certaines bonnes surprises qui font que le printemps... c'est aussi le Printemps. Aussi appelé, chez certaines peuplades, "saison du sourire niais plein la face de lune".
La vie est belle, sais-tu ? Je te le souhaite, en tous cas.
01 mai 2008
Je suis venu te dire....
[Les transports amoureux sont en grève. A tous points de vue, d'ailleurs. Panne d'inspiration temporaire, on reprendra quand ça reviendra. Mais réjouis-toi : c'est l'heure du bêtisier]
Il y a deux ans jour pour jour et presque heure pour heure, je débarquais d'un TGV, Gare de Lyon avec une valise moche et super lourde, un sac à dos bourré ras la gueule, un stage qui commençait le lendemain et l'adresse d'un canapé d'accueil pour quelques semaines le temps de me retourner.
Ce que j'ai fait depuis, un peu dans tous les sens. A l'endroit, à l'envers, disait l'autre.
[Pour achever de te faire pleurer, j'avais tellement pas de sous que les distributeurs ne voulaient plus m'en donner, un appartement à trouver pour deux et un prêt étudiant à commencer de rembourser, le tout dans les trois mois. J'aime entretenir ma mythologie personnelle. C'est du storytelling, coco]
Deux ans. 730 jours. ça en fait, des trucs à raconter, si on voulait faire un bilan.
[Et là, tu te dis : "oh, merde, il va faire un bilan."]
Deux ans après, le même ? Pas tout à fait. Un peu moins jeune, un peu plus large d'épaules,professionnellement au moins.
J'ai un taf qui le fait quand même pas mal. Et que j'ai fini par assumer . Ce qui me permet de m'y ébattre avec un plaisir relativement certain.
Personnellement... comme disait l'un de mes vieux professeurs chenus, "c'est un peu plus compliqué que ça".
Point de vue sentiments, j'aurai pas mal tenté, pas mal raté aussi. L'éternelle histoire nietzschéenne de la baffe dans ta gueule qui te rend fort, quand elle a fini de te tuer.
Suis-je plus fort ? J'en suis pas certain. Et en fait je m'en fous un peu, au final. C'est pas ça qui m'excite.
Point de vue comportement, du coup, je vais pas t'écrire "j'ai changé", on a vu ce que ça donnait. Je préfère me dire que je me comprends mieux. Je préfére me dire que je sais un peu mieux ce que je veux changer.
Et que je commence à le faire, imperceptiblement.
C'est long. Mais c'est bon.
[Par contre, ça nuit gravement à ce blog, qui ressemble de plus en plus à Fréquenstar, à force de flashbacks mièvres. Mais t'inquiète : demain, je pars à la cambrousse voir du soleil jaune et du ciel bleu et des arbres verts et profiter du tout. Ce qui, je crois, va faire du bien à tout le monde, toi compris.]
